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mardi 9 octobre 2012

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Il était une fois la COD…


L’éditorial de La Nouvelle Expression : Il était une fois la COD…
Aziz dégage ! C’était le slogan de la Coalition de l’Opposition Démocratique. Une marré humaine occupait les rues pour demander ou exiger le départ du président des pauvres (Mohamed Ould Abdel Aziz) qui, à leurs yeux constituait la source de tous les maux de la Mauritanie. Ces militants de la COD croyaient à une fuite imminente du Président de la République.

Des sit-in permanents sont initiés. On parlait de la place Tahrir mauritanienne. Mais ces actions d’éclat n’ont jamais abouti. Ce sont les plus courageux des militants de l’opposition qui ont entendu les bruits des grenades. Beaucoup d’autres ont fui le lieu en laissant leurs chaussures et sacs de couchage derrière eux avant même que la police ne commence à réprimer.


Un seul leader est resté. C’est dire le copier/coller en matière politique ne réussit pas toujours. La Mauritanie n’est pas l’Egypte ni la Tunisie et la lutte politique ne s’imite pas.


Aziz, lui, est encore là. C’est plutôt l’opposition qui a dégagé de la rue. Comme pour dire à la COD qu’une action politique ne s’improvise pas. Elle doit être convaincante, opportune mais surtout pensée dans le temps et l’espace. Mais aussi, elle doit être portée par des hommes courageux et déterminés. Les porteurs de la lutte politique, même convaincus de la justesse de leur combat, doivent aussi avoir les moyens de sa mise en œuvre.


Malheureusement, les politiques mauritaniens n’excellent que dans la réaction. L’action politique qui devrait constituer leur choix et qui a comme base fondamentale, un programme assorti d’un plan d’action, n’est pas encore un arbre qui se cultive en Mauritanie. Les luttes politiques classiques qu’ils entament sont en général des farces politiques à consommation circonstancielle.


Un engagement politique inspiré des autres cieux ne peut toujours être efficient. L’usage de l’importé comme le substrat de notre classe d’idéologues politiques qui pense que par et pour l’étranger en hypnotisant notre histoire politique est le mal qui nous décime. Par cette méthode insidieuse, la Mauritanie croule et sa matérialisation comme un pays de droits et d’identité personnelle est plus que jamais hypothéqué.


Pour revenir à la COD et son combat pour dégager Aziz, il est admit que pour le moment ce sont les porteurs de slogan (R’Hal breveté en Tunisie, prêté et réussi par les Egyptiens) qui ont finalement subi le slogan. Les rues sont plus que jamais calme. Et Aziz et son UPR, même très mal en point, tirent sur ce désormais « cadavre » qu’est la COD.


L’opposition, dont le malheur n’est autre que le manque de programme et de plan d’action consensuels, doit revoir sa copie. Son statut l’exige. Sinon ses actions (réactions) vont se déprécier davantage et elle ne pourra plus constituer un réel contre pouvoir.


Il n’est pas exagéré de dire que l’histoire politique du pays a démontré que l’opposition mauritanienne est plus au service du pouvoir que les milliers des militants qui ont placé leur espoir en elle. Il a été révélé qu’à l’époque de l’UFD, quelque soit la virulence de la déclaration produite par cette première force politique de l’opposition de ce pays, elle a été toujours avalisée, semble-t-il, par le cabinet de Taya.


La COD n’est pas l’UFD et Aziz n’est pas Taya mais il vient de son école, il est le produit du système. Alors cela doit constituer matière à réflexion pour ce peuple meurtri ; un peuple ‘moutonisé’ par des politiques sans conscience ni idéal porteur d’espoir. En attendant que la COD retrouve ses esprits, le Mauritanien voit son destin dangereusement hypothéqué par de nombreux problèmes internes et externes sans que cela émeuve réellement nos politiques. Avec le temps qui ne semble plus passer, le Mauritanien, lui, passe et oublie toujours que la Mauritanie reste … Quel destin !


Camara Seidi Moussa


La Nouvelle Expression (Mauritanie)

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