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lundi 16 avril 2018

Communiqué de presse: Le combat de Biram Dah Abeid inspire l’artiste peintre néerlandaise Ruth Bebschop




مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA – Mauritanie

Communiqué de presse
Le combat de Biram Dah Abeid inspire l’artiste peintre néerlandaise Ruth Bebschop

L'artiste peintre néerlandaise Ruth Bebschop, qui a lu un article sur le combat de Biram Dah Abeid, président d'IRA-Mauritanie, dans le journal de Amnesty International Pays-Bas, déclare avoir été vivement inspirée par la trajectoire militante du leader abolitionniste mauritanien. Cette inspiration a poussé madame Bebschop à user de son art de peintre, pour dessiner plusieurs portraits de l'activiste mauritanien, récipiendaire de plusieurs  distinctions internationales dont le prix des Nations-Unies pour la cause des droits de l'Homme en 2013. Ruth Bebschop a remis des exemplaires de son œuvre à Biram Dah Abeid, au cours d'une rencontre à l'hôtel Marriot dans le cœur de la ville de Rotterdam, le 14 avril 2018.

Notons que depuis la fondation par un groupe de hollandais et de mauritaniens basés au Pays-Bas, dirigés par l'avocat hollandais d'origine mauritanienne, Harouna Sy, de la section néerlandaise d'IRA-Mauritanie, la presse et la société civile et politique des Pays-Bas, se sont intéressées de manière de plus en plus vive à la lutte que mène Biram Dah Abeid et IRA-Mauritanie contre l'esclavage et le racisme.

Ruth Bebschop a écrit :
Quand j'ai lu l'article sur la Mauritanie et  Biram Dah Abeid dans la magazine d'Amnesty International d'Hollande,  j'étais profondément touchée. Je suis consciente que la Hollande a une histoire cruelle liée à l'esclavage. J'ai honte pour cela.
J'étais vraiment choquée d'entendre qu'il y a toujours un pays où l'esclavage est toujours en vigueur. Bien-sûr je sais qu'il y a des pays où des gens travaillent pour presque rien, et que nous en Europe achetons les vêtements et les marchandises trop bon marché car fabriqués dans des pays où les normes de travail ne sont pas respectées.

Alors, nous pouvons dire que ce sont des situations d'esclavage.
Mais je ne savais pas qu'en Mauritanie il y a vraiment l'esclavage ancestrale et par ascendance. Que des hommes et des femmes, peuvent naître possédés comme esclaves.
Ça me choque très fort que des femmes peuvent être violées parce qu'elles sont la propriété d'un propriétaire d'esclaves. Et que des hommes doivent faire les travaux qui sont physiquement trop lourds et harassants. Qu'ils n'ont pas la possibilité de refuser.
C'est trop bizarre et inimaginable qu'une personne est la propriété d'une autre personne.
Le fait que Biram Dah Abeid s'insurge pour les esclaves et contre l'esclavage, malgré le danger pour sa propre vie, malgré l’emprisonnement, malgré la torture, m'a profondément marqué, émue et forcé mon estime.

Et en conséquence, je voulais le dessiner. Alors j'ai fais des dessins inspirés des photos de Biram Dah Abeid, publiés dans le magazine d'Amnesty International Pays-Bas.
Et après avoir terminé les dessins, je me suis dis que Biram devait savoir qu'il m'avait inspirée et touchée. Je comptais lui envoyer les dessins par Whatsapp où email, et, à ma grande joie, la section de IRA-Mauritanie-Netherland organisa  cette rencontre impressionnante avec le président d'IRA-Mauritanie, rencontre qui a enrichi ma vie. Et j'appréhende beaucoup mieux encore, dans quelle horreur l'esclavage a plongé la vie des mauritaniens.

Nouakchott le 16/04/2018
La commission





jeudi 12 avril 2018

Mauritanie: Les coulisses du procès en diffamation qui opposait Diagana, Jeilany et Diko.

D’abord, je tiens à rappeler aux deux messieurs : Diagana Abdoulaye et Mohamed Abba Ould Sidi Jeilany, lors du procès  qu’ils avaient engagés contre Diko, il n’y avait pas que le témoignage de Biram Dah Abeid à ma faveur. Il faut réconnaître qu'ils ont eu leur salut qu’à travers l’interview de Biram Dah Abeid  parue le 15 Juin 2017 sur le site lautenthic-info. Ils  l’ont durement négocié, démarché plusieurs mois, ils l’ont versé dans leur dossier lors de la première audience en mon absence le 22 juin 2017 et également  celle du 22 février 2018.  Voici le lien :http://lauthentic.info/Politique/article/Birame-Dah-Abeid-Nous-continuerons-a-attaquer-ces-codes-negriers-de-la-fausse

Pourquoi vous n’en parlez pas dans vos sorties mediatiques? Elle vous gêne seulement maintenant où  aujourd’hui ?  Pourquoi, vous minimisez la portée de cette interview qui est à l’origine de votre triomphe dans la réalité en s’agrippant seulement sur le témoignage de Biram Dah Abeid en faveur  Diko Hanoune? Vous étiez loin d’être à l’aise lors du jugement et je comprends votre soulagement de justesse.

Quoi qu'ils puissent  dire où  me reprocher,  Jeilany et Diagana seront désormais mes témoins clés  jusqu'à devant le créateur,  tout ce que, disent certains Mauritaniens  sur ma  personne, ma famille  est faux. Je n'ai jamais eu un casier judiciaire ni en Mauritanie, ni en France, je ne vis pas de l'assistance sociale en Europe, je  travaille et vis sur la sueur de mon front depuis 20 ans, même si je gagne peu, ma dignité me suffit comme bon salaire et ce n'est pas une amande en diffamation qui va figurer dans mon casier judiciaire  ni m'envoyer en prison comme vous avez  laissé entendre à mes amis et parents pour faire peur.

 L'histoire retiendra, il est plus facile pour un Diagana  Kaédien « aristocrate » opposant, c'est lui qui l’a  dit devant le jury, associé avec un fonctionnaire maure, de  traîner Diko devant un tribunal qu'à  chercher  les coupables de crimes de sang soient jugés par les mêmes tribunaux en France. M. Diagana  a dit  lors de son plaidoyer, il a reçu le témoignage de l'un mes « acolytes » aux USA pour renforcer son dossier pour que Dicko soit condamné pendant qu'ils nous crient à tort et travers que les veuves et orphelins sont laissés à leur triste sort. Cette condamnation m'immunise sincèrement, ils ne pourront jamais s'approcher de mon cercle  car le « fou connaît l'endroit d'un chien méchant » selon l'adage soninké.

Je vous  remercie de nous avoir ouvert le chemin vers Rome car tout le monde sait, les abolitionnistes sont les plus diffamés par cette soi-disant élite, nous ne subirons  plus les attaques, assauts de pseudonymes Mohamed Ould Boilil, Oumar Ould Bilal et j'en passe dans kassataya sans riposte sèche par un procès. Curieusement les deux pseudonymes  ont disparu lorsque  j'ai publié certaines informations, cela me console assez, Dieu merci. Sachez une chose je ne suis pas de nature à courber l'échine  devant quiconque, cette dette n'est qu'une partie remise qui sera honorée un jour.

Ils  le savent au fond d'eux, M. Diagana et Jeilany seront tenus dans l’obligation de respecter Diko jusqu'au dernier jugement. Ils ont vu et su que personne ne peut me manipuler quelque soit le cursus scolaire. Ce n'est guère l'orgueil mais je n’aime pas qu'on tourne autour de moi sur des petites futilités. En vérité, je suis condamné plutôt à payer le flot de larmes déversées par   Diagana  dans le tribunal de Paris .Quoi de plus ? Je suis condamné pour langage excessif, et puis quoi d’autre ? Mon seul regret, est que, vous avez réussi à manipuler avec ruse beaucoup de gens pour arriver à pas grand chose.

De toute façon, dans cette lutte j'ai décidé de donner ma vie entièrement comme sacrifice pour la libération, l’émancipation des esclaves et anciens esclaves en Mauritanie, je préfère cette condamnation qui a sauvé certains innocents militants d'une prison dans le désert que de se taire comme un lâche peureux pour laisser les pauvres souffrir d’assauts mensongers via la propagande dans la presse. Je pense qu'ils diront la vérité un jour car ils sont plutôt déçus par le verdict en appel. Ils avaient demandé une belle somme me semble t-il ? Le double, voila.  Ils ont eu la moitié. 

En tout cas Diko n'a rien inventé et Jeilany l'a  avoué devant le juge. Pourquoi avoir des regrets ?  J'ai eu ce que je voulais malgré les manipulations, manigances depuis en 2014, tricherie, méchanceté gratuite, délation auprès de mes amis ,chantage  et fumisterie à tort et travers, alors je ne regrette rien. Je sais également, l'homme que vous continuez à viser pour le discréditer,  n'est autre que Biram Dah Abeid, président des réseaux  IRA-Mauritanie,  s'il avait participé au procès, je pense qu'il se rendra compte ô combien vous haïssez son  combat et celui  IRA-MAURITANIE. En tout cas les militants et militantes doivent se méfier de ces soi-disant « opposants »  à  double face. Voilà mon conseil et j'attends que vous veniez me menotter   chez moi pour  cette condamnation en diffamation direction la prison.

En conclusion : Au lieu de brandir Dicko a perdu son procès malgré le témoignage de Biram, vous devriez dire,  Diagana et Jeilany ont gagné leur procès grâce à l'interview de Biram Dah Abeid  sur le site lauthentic-info, qui a respecté sa promesse en le suppliant de vous citer dans ses sorties. Il y a des témoins qui sont vivants encore donc soyez modestes, vaut mieux de s'attaquer à moi en laissant cet homme mener tranquillement son noble combat. Il a respecté sa parole donnée, cela vous a aidé  à sortir la tête hors de l'eau malgré que  vous l'aviez caché la vérité sur vos ambitions me concernant comme d'habitude. Mais qui vit, verra et assistera. On verra également si Diagana et son ami  Jeilany vont  continuer à occuper la tête du peloton d'opposants au régime de Ould Abdel Aziz comme il l'ont défendu haut et fort devant le juge. Je remercie ma défense qui a été de très haute qualité, mes soutiens à l'intérieur comme de l'extérieur, le procès n'a été gagné que sur manipulation d'individus qu'ils ont induis en erreur dans leur intérêt. Tous m'ont exprimé leur regret, ils s'en ont rendu compte trop tard. La balle était dejà parti. Tôt où tard, ils tomberont dans leur propre Guet-apens

Diko Hanoune 

samedi 7 avril 2018

Mauritanie: Le Congrès américain s’en prend au FMI au sujet d'un Etat esclavagiste


By Yassine Chamakh
Casablanca – Utilisant Un langage rarement utilise entres les nations, certains des plus proches alliés de Donald Trump ont attaqué Le Fond Monétaire International pour le prêt qu’il a accordé a un pays qu’ils accuse de torture, de vol et d'esclavage. Six des plus proches républicains de Donald Trump au Congrès ont pris la mesure inhabituelle d’ignorer la Maison-Blanche et le gouvernement pour condamner l'un des plus proches alliés de Washington en Afrique.

Les membres du Congrès ont écrit à Christine Lagarde, chef du FMI, et lui ont demandé de mettre fin au financement de la République islamique de Mauritanie, pays situé en Afrique de l'Ouest.
Finie la finesse diplomatique, remplacée par une condamnation du président Mohamed Aziz qui dépasse même les tweets de M. Trump, accusant la Mauritanie et son gouvernement de vol, d'esclavage, de corruption et d'un "odieux bilan des droits de l'homme".
La lettre datée du 5 mars a été signée par une poignée de noms que vous ne connaissez peut-être pas, mais ce sont des hommes qui ont soutenu Trump au début de son ascension, et tous sont indispensables pour faire passer ses projets de loi au Congrès.
- Mark Meadows de la Caroline du Nord est l'un des amis les plus proches du président et préside le Freedom Caucus, un groupe de 40 politiciens dont le nombre de votes est suffisant pour faire ou défaire la législation.

- Thomas Garrett de Virginie est un ancien officier de l'armée et une étoile montante du Parti républicain.
- Jeff Duncan parmi les plus fervents partisans de M. Trump au Congrès et siège au Comité des affaires étrangères, avec Lee Zeldin et Scott Perry, qui ont tous deux signé la lettre.
- Gus Bilirakis de Floride qui a l’habitude de critiquer les mauvais leaders, mais jamais utilisant un tel langage.

Il est vrai que M. Aziz dirige l'un des gouvernements les plus oppressifs du monde, mais les États-Unis se lient d'amitié avec un certain nombre de mauvais pays, y compris Djibouti, la Chine et l’Arabie Saoudite.
En général le Congrès prend soin de laisser la politique étrangère à l'exécutif, sachant avec quelle facilité un langage peut diplomatique de la Chambre des Représentants peut nuire aux échanges commerciaux, la défense et la soi-disante "Guerre contre le terrorisme".
Mais dans ce qui a été surnommé le "Mémorandum Mauritanie", la Chambre semble avoir averti M. Trump qu’elle va jouer un rôle plus agressif.

 La Mauritanie couvre plus d'un million de kilomètres carrés - principalement désertique - et arrive en tête de la liste des pays qui comptent plus grand nombre d'esclaves par tête d’habitant.
Mais son gouvernement est carrément contre des groupes comme Al-Qaïda, Al Shabaab et Boko Haram, et permet aux troupes américaines libre règne pour les traquer sur son territoire.
Le FMI a récemment approuvé une ligne de crédit de 163 millions de dollars. Christine Lagarde a tweeté  que ce prêt améliorerait le niveau de vie des Mauritaniens qui souffrent d'un niveau de pauvreté des plus élevés même selon les normes africaines.

Mais la lettre du Congrès prétend que cet argent va "alimenter les poches" du président Aziz, qu'il accuse de "manipulations d’appel d’offres" dans toutes les soumissions, de réception de pots de vin et de corruption.

"On estime que jusqu'à 20% de la population de la Mauritanie est asservie, le taux le plus élevé au monde", indique la lettre.
Aziz a "refusé l'entrée à des groupes de défense des droits de l’homme, a employé la torture et détenu des dirigeants de l'opposition sans motif".

Et la lettre se termine par un appel à l'action. "Si le président Aziz continue de promouvoir un environnement contraire aux normes internationales", alors le patron du FMI devrait mettre fin au financement pour s'assurer que le FMI ne devienne pas complice du régime Aziz.
À Paris, où des milliers de Mauritaniens ont fui en exil, les manifestations sont fréquentes en dehors de l'ambassade de leur pays. Il y a  toujours Thomas N'diaye qui a longtemps appelé le gouvernement français à sévir contre son ancienne colonie.

"Je crois que cette lettre peut changer la donne dans notre lutte pour la liberté", a-t-il déclaré.
"Nous savons que l'armée américaine a besoin de la Mauritanie pour son travail contre le terrorisme, mais cela donne-t-il au président Aziz le droit de terroriser encore plus son propre peuple ? »

Le Congrès, a-t-il dit, vient de découvrir la Mauritanie, "de la même façon dont il a soudainement découvert l'apartheid dans les années 1980 après des décennies de collusion avec le gouvernement blanc minoritaire. Nous sommes la capitale de l'esclavage du monde et il est vrai que nos dirigeants s'enrichissent de prêts et de l’aide destinée aux pauvres.

"L'Union africaine ne fait rien à propos de milliers d’esclaves dans mon pays, la France collabore avec le régime et les dirigeants américains nous regarde simplement comme un pays  qui coopère avec eus dans la guerre contre les extrémistes. Ce mémo du Congrès pourrait changer cela. "
Peut-être que M. N'diaye et ses exilés sont trop optimistes. Peut-être que le mémo de Mauritanie est une tentative de hauts responsables républicains qui voulaient, comme tous les politiciens, avoir leurs noms dans la presse et devant le président.

Si beaucoup plus de lettres similaires suivent, peut-être sur les tarifs chinois, les espions russes, la menace de prendre des terres en Afrique du Sud sans compensation, alors, peut-être pouvons-nous dire qu'il y a un nouveau climat d'action, un Congrès prêt à forcer la main du Département d'Etat, de la Maison Blanche, et même le FMI.

Ce qui aurait commencé avec un endroit obscur comme la Mauritanie pourrait être une stratégie: si l'attaque tournait mal, les retombées seraient autour d'un pays (la Mauritanie) que la plupart des Américains ne pouvaient pas trouver sur la carte.
Pour le peuple mauritanien, rarement cite dans les dépêches, la lettre est un coup de pouce dans leur long combat pour la démocratie, la liberté et la fin de l'esclavage.
Et Christine Lagarde devra peut-être repenser son prêt.

CAJ News Agency (Johannesburg) » 4 APRIL 2018
allafrica.com/stories/201804050220.html

vendredi 6 avril 2018

Information Judiciaire


« Par jugement en date du 05 avril 2018, la  chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné Monsieur Vincent Diko Hanoune à une amende de 500 euros avec sursis  pour avoir diffamé  Messieurs : Mohamed Abba Ould Sidi Ould Jeilany et Abdoulaye Diagana dans un article mis en ligne le 7 février 2014 et intitulé « Abdoullaye Diagana et son ami Mohamed Abba Ould Jeilany sabote les efforts des cadres mauritaniens de l’extérieur CCME ».

Lyon le 06 Avril 2018

Diko Hanoune

lundi 2 avril 2018

Interview avec Seif Kousmate, photojournaliste marocain expulsé de Mauritanie pour avoir enquêté sur l'esclavage

Le photojournaliste franco-marocain Seif Kousmate, basé à Casablanca, a été arrêté en Mauritanie alors qu'il réalisait un reportage la problématique de l'esclavage. Après quatre jours de détention, il a été relâché pour être expulsé vers le Maroc.

Samedi 24 mars, Seif Kousmate, photojournaliste franco-marocain, arrivait à Casablanca après s'être fait expulser de Mauritanie où il réalisait un reportage sur la problématique de l'esclavage. La Mauritanie est l'un des derniers pays à avoir aboli l'esclavage en 1981, mais selon un rapport d'Amnesty International publié la semaine dernière, 43.000 personnes, soit 1% de la population en serait encore victime.

Quelle était la raison de votre séjour en Mauritanie?

Seif Kousmate: Je réalisais un reportage photo sur la situation actuelle des esclaves et plus précisément des descendants d'esclaves. Je suis rentré sur le territoire par la frontière terrestre du nord de la Mauritanie avec le Maroc avec mon passeport marocain et un visa touriste.
Le passeport marocain c'était pour éviter d'attirer l'attention, car dès qu'un étranger entre sur leur territoire, les autorités pensent que c'est un journaliste. Mais, sur place il y a beaucoup de Marocains, dont ceux qui sont de passage. Donc c'était vraiment plus facile pour travailler et ne pas éveiller de soupçons.

Quelle est situation de l'esclavage aujourd'hui en Mauritanie?

La Mauritanie c'est 30% d'Arabo-Berbères, 40% de Haratins - de peau noire - amenés en Mauritanie pour l'esclavage à l'époque où ce commerce existait encore. Aujourd'hui c'est donc des descendants d'esclaves qui sont pourtant imprégnés de la culture arabo-berbère et parlent le dialecte hassani. Ils sont Mauritaniens, mais ne sont pas acceptés par les Arabo-Berbères qui malgré le fait d'être minoritaires, sont au pouvoir. Au gouvernement, tout le monde est blanc, les autorités c'est pareil.
Les 30% restants sont composés de Wolofs, Soninkés et d'autres ethnies. Moi je travaillais sur la caste des Haratins, ces descendants d'esclave. Dans les années 80-90, il y a eu une grosse libération d'esclaves, c'est vrai. Mais dès qu'on s'enfonce un peu dans le pays, on se rend compte qu'il y a toujours des personnes en situation d'esclavage.

De quelle sorte d'esclavage parlons-nous ?

Dans la capitale, on peut tomber sur des filles qui se font exploiter en tant que domestique. Une sorte d'esclavage traditionnel. De mère en fille, elles travaillent pour les mêmes familles. Une fois que ces filles ont des enfants, le maître va offrir un des gamins, à sa sœur ou à sa mère.
Un autre problème qui ressort, c'est qu'une fois libérés - car il faut savoir qu'il y a beaucoup d'activistes qui se battent contre ce fléau - ces femmes et ces hommes vivent en marge de la société, dans une extrême pauvreté. Ils n'ont pas accès à l'éducation ni aux services de santé.
Ils n'ont pas de pièce d'identité, pas d'acte de naissance, car ils ne connaissent pas leur père. En général, le père c'est le maître esclavagiste qui se permet d'avoir une relation avec son esclave. Il y a aussi beaucoup de cas de viols.

Existe-t-il des chiffres ?

A l'heure qu'il est, je ne peux pas vous donner de chiffres clairs et précis. L'étude la plus sérieuse qui existe sur le sujet c'est le rapport de Global Slavery 2016. Ils estiment le taux d'esclave en Mauritanie à 1%  (43.000 personnes) même si c'est très compliqué à mesurer.
En 2014, le même rapport parlait de 4% de la population réduite à l'esclavage. Certaines ONG locales dénoncent entre 10 et 20% d'esclaves. Il est donc vraiment très difficile d'établir un chiffre, je ne pourrais pas me prononcer officiellement, mais comme je l'ai dit, le rapport le plus sérieux reste celui de Global Slavery.

Comment s'est déroulée votre arrestation? Quid des conditions de votre détention?

Après 21 jours dans le pays, je me dirigeais vers le sud pour quitter le pays par la frontière terrestre et rentrer par le Sénégal. A la frontière, je me suis fait arrêter. Les autorités ont fouillé mes affaires et trouvé mon passeport français, rempli de visas et tampons des pays que j'avais visités, alors que mon passeport marocain, lui, était vierge.
Ils m'ont posé des questions pensant d'abord que j'étais peut-être un terroriste. Quand ils sont tombés sur mes photos, ils ont alors pensé que j'étais un activiste. Ensuite, je leur ai dit que j'avais rencontré Biram Dah Abeid, ancien candidat à la présidentielle de 2014 et figure proue du mouvement anti-esclavagisme. Là, ils se sont tendus.
Après trois heures d'interrogatoire, ils m'ont transféré le soir même à la police de Nouakchott. Sur place, les conditions étaient normales, on me traitait bien, mais j'ai quand même décidé de commencer une grève de la faim, car je n'avais aucune information sur la durée de ma détention. Ça les a inquiétés. J'y suis arrivé mardi, on m'a libéré vendredi. Samedi matin, j'étais expulsé vers le Maroc. J'ai pu récupérer mes affaires, mais ils m'ont dit qu'ils avaient formaté mon ordinateur, mon téléphone et détruit mes cartes mémoire.
Comme le signale Reporter sans frontière (RSF), ce n'est pas la première fois que la Mauritanie expulse un journaliste pour s'être intéressé au sujet. En avril 2017, Tiphaine Gosse, une journaliste indépendante française qui enquêtait sur l'esclavage avait été sommée de quitter le territoire sous peine de se retrouver en prison.

dimanche 25 mars 2018

Mauritanie : Salir la réputation de Biram Dah Abeid est devenue une obsession pour certaines crapules Mauritaniennes qui ruminent le mensonge


Mauritanie : Salir la réputation de Biram Dah Abeid est devenue une obsession pour certaines crapules Mauritaniennes qui ruminent le mensonge dans tous les sens. Le mensonge qui tuait hier, nourrit des familles entières aujourd’hui.

Démenti saignant aux ragots publiés le 25 septembre 2013 dans la presse qui disait : « Quand Biram Ould Dah son l’INAD-MC défendaient les acquis démocratiques de Ould Taya », article posté sous le pseudonyme Mohamed Ould Boilil qui fait le choux gras de certains menteurs de la toile qui l’ont signé carrément « Birame ould dah ould abeid mettant la date du 15/08/2004 ». Quand on prend l’engagement de publier des articles et opinions sous un pseudonyme, cela n’augure rien de bon ni de sérieux. Cette fameuse déclaration qu’ils attribuent à Biram et IDAD-MC, n’est trouvable que sous des mentaux d’obscures personnages peu fréquentables. L’auteur de l’article commet même une faute dans le titre de son article, il parle (INAD-MC) qui n’existe pas. Une lâcheté humaine pas plus ni moins. Les détracteurs de Biram Dah Abeid resteront à leur fin jusqu’au dernier jour.

La déclaration que nous avons obtenue datant du 06/09/2005, L’initiative pour la défense des acquis démocratiques-Mouvement du Citoyen s’est félicitée de la chute du dictateur Ould Taya, demande réparation pour les militaires massacrés 1990-191, la poursuite des auteurs de crimes en justice, la pénalisation de l’esclavage etc…. C’est tellement honteux de colporter des ragots en diffamant les militants des droits humains. On ne peut obtenir un changement avec des mensonges et chantage sur faux et usage de faux. Ces faux opposants emporteront leur chagrin dans la tombe, qui ne sont autres que des gros bébés gâtés par des militaires sanguinaires mais ils auront forte à faire.

Certains mauritaniens n’arrivent pas à dépasser cette ère de commérages, fumisteries de l’ex-dictateur Ould Taya, qui avait formaté les Mauritaniens toutes tendances confondues à ne vivre que par le faux. Tôt ou tard, la connerie humaine se paye cash sans dette.

Nous demandons à la presse Mauritanienne de corriger le tir en reprenant la réalité des choses. Un grand homme et une ONG ou mouvement sont trempés dans l’usage du faux.

Document preuve par impression écran.



jeudi 22 mars 2018

Mauritanie : M. Gaye TRAORE président ARMEPES-France répond à nos questions sociales et sociétales.

1-Guidumakha.com : Bonjour M. le président Gaye TRAORE, présentez vous à nos lecteurs,  présenter également l’ONG ARMEPES-France et Ganbanaaxu Fedde ?

Bonjour  Guidumakha.com , merci de m’avoir donné l’occasion de présenter  notre ONG Armepes –France  et le mouvement  Ganbanaaxu fedde   .Pour répondre  à votre question  rigoureusement , je m’appelle Gaye Traore  autrement  GAYE TENE pour les intimes. Je suis natif de la ville de Sélibaby , cette ville me  tient  particulièrement à cœur et beaucoup de nos cadres du Guidimakha doivent à cette  ville et à ses structures scolaires. Je fais des études en lettres modernes   à la faculté des lettres et sciences humaines de Nouakchott  avant de poursuivre  un Master2 en sciences de l’Education option : « POUVOIRS –DISCOURS ET SOCIÉTÉS  »  à Créteil Université actuel UPEC. Quant à l’ONG ARMEPES-France , elle est  née  à la suite d’un affront -en tout  cas nous l’avons senti  ainsi et il ne peut en être autrement – d’un érudit  de la communauté Soninké basé en ARABIE SAOUDITE qui  a fait  un très long exposé  sur l’esclavage  et celui de la communauté Soninké
Plus précisément.
On peut écouter une partie de l’exposé sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=LcXt1j4Vcl4, la morale tirée de ce long exposé   est la justification de la pratique de l’esclavage  dans notre SONI KARAA. A partir de mars 2008  nous avons commencé  de faire des réunions de sensibilisation  dans les différents foyers de travailleurs immigrés dans  PARIS et aux alentours. De ces consultations, est sortie  Association mauritanienne pour l’éradication des pratiques de l’esclavage et ses séquelles-France   ayant  comme sigle ARMEPES-France, notre objectif premier est de débarrasser notre SONI KARAA de toutes  ses tares liées à la féodalité, au système de castes, à  l’hiérarchisation entre personnes ayant vécu ensemble depuis des nombreuses années. Notre ONG ARMEPES-France était raillée au début, on nous donnait  comme champ d’action  que le combat  contre les LAADA ( pacte subtil de domination ,qui se traduit par un échange de travaux  domestiques lors des cérémonies de mariages , de baptêmes ou de décès entre  ancien maître et ancien esclave ou maître  et esclave ) comme si nous avions une myopie de la condition  humaine. Alors que nous avons un plan d’action vaste et varié  dont les réalisations  sont nécessaires et vitales pour la communauté  SONI KARAA.

Quant à Ganbanaaxu fedde  c’est un forum transnational qui embrasse la Mauritanie, le Mali, la Gambie et le Sénégal  ainsi que toute la Diaspora SONINKE  à travers le monde. Ganbanaaxu fedde est  le fruit D’ARMEPES-France , notre devise est l’égalité  en DIGNITE et en DROITS  dans nos communautés respectives ,  qu’un patronyme ne soit pas un passe droit et qu’un autre ne  soit l’objet de rejet , de discrimination cela est inadmissible  en ce XXIème siècle .La charpente de SONI KARAA est basée sur la catégorisation  patronymique et déterministe  qui fait  que certains  naissent  nobles de statut , d’autres esclaves ou esclaves statutaires. C’est ce que  j’ai appelé sur la chaîne  Télésud en décembre 2016   : ASSIGNATION PATRONYMIQUE !

Cette assignation patronymique  qui fait certains postes   se font inaccessibles car pour représenter la communauté , il faut un patronyme  qui ne peut être à consonance Bambara par exemple  ou il  faut  être   dans la  moule de la  rotation patronymique en vigueur dans l'ordre féodal intracommunautaire quand il s’agit des nominations ministérielles :  https://www.youtube.com/watch?v=rbksq8xchC8&t=43s
(visionner cette séquence vidéo et tirez –en   belle morale) .
Encore   on entend certains membres de la féodalité soninke  dirent   être maire  c’est être chef de village, n’est ce pas là une bravade  de la république ? Ce discours existe   toujours même  s’il n’est tenu  qu’en  cercle restreint  avec  la plus grande attention  possible [rires].

2- Comment est-il venu l’idée de créer les forums Ganbanaaxu Fedde sur Whatsapp ? Pourquoi les groupes dérangent voire agitent certains hommes politiques et les milieux extrémistes conservateurs féodaux  Soninké?
Un certain moment dans  la vie de toute organisation  il y a de la mollesse,  du relâchement   et pour relancer   la dynamique  des débuts de ARMEPES-France, il m’était  impératif   en tant que secrétaire général à l’époque d’imaginer  une solution  à ma portée. Je  vous rappelle que  j’ai été secrétaire général de ARMEPES-France  depuis sa création  jusqu’en novembre 2016, date de ma désignation  en tant que président de ARMEPES-France. Donc Ganbanaaxu fedde  sur Whatsapp   a été conçu pour redynamiser  et faciliter  la  communication entre les membres de ARMEPES-FRANCE .Très  vite  en deux  mois ce groupe WhatsApp  crée    pendant une heure creuse   sur mon lieu de travail   un  après midi du 05 Octobre 2016  a eu   un succès  transnational. Ses membres  dépassent la  communauté mauritanienne. Un nouveau lien s’est  tissé entre les esprits progressistes de  SONI KARRA , toutes fonctions  sociales confondues .Revenons  au second volet de votre questionnement , la société SONINKE  a ses codes de valorisation sociale   qui ne reposent  pas  sur notre fonction  sociale d’utilité commune , comme médecin , avocat , ingénieur , enseignant  entre autres .On a beau avoir  la qualification  et la promotion que l’on veut dans sa vie professionnelle , cela n’est pas suffisant pour être valorisé dans notre SONI KARAA , car  comme cité plus haut , on naît  esclave ou  noble .Un  ami issu d’une illustre famille maraboutique de PODOR m’a dit  au boulot  ça ( système de castes  )   TRAORE  , on ne peut pas le changer et ma réponse  était : si on a pu combattre l’ignorance , on peut le changer car cela relève de l’ignorance et le débat est clos. Voilà pourquoi les conservateurs extrémistes  veulent que les choses  restent comme depuis  l’anté MEDI KAAMA KANOUTE philosophe et sage soninke !Et à ce titre  notre philosophe et sage soninke  disait  ceci en  SONINKE : «    NA GANBANAAXU SEBETINDI O ME NAXAA A WA KEFINII LADAA SIRU » en traduction approximative sous le contrôle  du sage  Yero Sylla :mettre l’égalité en dignité et droit entre nous  fait partie des bonnes pratiques culturelles  à promouvoir .         

Notre société SONI KARAA est réfractaire  à toutes réformes,  c’est ce qui explique  l’animosité  , la mauvaise foi , les calomnies , les intimidations, les agressions contre nos membres  et les tentatives de sabotages du mouvement  Ganbanaaxu mais  notre constance  dans nos  principes et la clarté dans  notre projet de société  que nous n’avons pas sous le manteau , qui n’est pas un discours  que nous tenons en cachette ,  constituent notre bouclier .Certains avaient regroupé des dizaines  milliers d’euros  pour casser le mouvement , ces milliers d’euros ont disparu à Nouakchott , certains de nos membres ont perdu leur boulot , d’autres se sont vu refusés les services religieux de nos marabouts pour de problème de sociétés , certains de nos membres ont  été expropriés  car faisant partie de notre communauté Ganbanaaxu fedde qui demande l’égalité en dignité et en droit. Le troisième volet est relatif aux politiques, à ce niveau  la lecture est simple  la couche d’extraction servile  est considéré très longtemps  comme la clientèle politique pour ne pas dire le « cheptel  votant» , pour  maintenir ce cheptel en situation d’homme-chameau selon Nietzsche qui blesse son orgueil pour mettre en dérision sa sagesse, on  met en avant les tribus , BARANE , BOTOKHOLO , HAYANE  HOKOLOU , maure  versus SONINKO, peulh versus SONINKO …En un mot ces tendances politiques  datent depuis très longtemps. Une  partie de ma famille   a gardé des traces indélébiles de l’affrontement politique  entre YAYA KANE et DJERMOUNA SOUMARE. La docilité  des descendants d’esclaves   fait de certains politiciens  des barons politiques incontestés dans leurs fiefs respectifs. Tout discours  , surtout nouveau venant des gens de Ganbanaaxu  remettant en cause cette réalité  fait face  à une calomnie ,  une intimidation  comme  le cas de DAFORT , où   le chantier d’un hangar privé a été suspendu sur décision du ministère de l’intérieur  sur injonction des cadres  de DAFORT selon la dernière polémique  éclatée sur les réseaux sociaux , un communiqué à cet effet a   été fait  à l’adresse des autorités publiques par la Communauté Ganbanaaxu de DAFORT .                                                                                                                                                           

3 -Avez-vous  reçu des menaces de mort, d’atteinte à votre vie ou à celle de vos membres ?

Les  menaces de morts   sont courantes,  les insultes , les  menaces d’attaques  mystiques  qui me font sourire ,   mais ces attaques datent bien avant le FORUM GANBANAAXU FEDDE,   à  mon encontre  c’est depuis la création de ARMEPES-France  en 2010  et le lancement  de notre site internet :www.mauritanie-egalite.org.Certains  me disent de ne pas trainer seule  ,mais  je suis croyant  ce qui doit arriver ,arrivera  à l’heure décrétée !

Comme cité dans ma précédente  réponse certains de nos   membres  ont été agressés  à MODIBOUGOU  , le vieux  FILY CISSOKHO ,  à DIANDIOUME côté malien le  vieux MOUNTAKHA DIARRISSO a  été violemment  agressé .Toutes ces agressions n’ont pas eu des issues dissuasives  car toute république doit combattre  les pratiques esclavagistes  et  faire  appliquer les lois en ce sens . Toutes  ces affaires  ont été  étouffées  en tout cas pour celui de MODIBOUGOU suite  à des fortes pressions diverses et d'autres missions mystérieuses dites conciliatrices .Pour celui de MODIBOUGOU ,  l’influente tribu OULAD NASSR  a eu raison de la résistance  du vieux Fily Cissokho , quant à DIANDIOUME  , le vieux  MOUNTAKHA DIARISSO  , est entrain d’être convoqué de gauche à droite  alors que c’est lui la victime d’agression : son seul délit refuser toutes pratiques esclavagistes  et tenir des réunions de sensibilisations  dans sa maison.

4 –Décrire pour nous, comment se définit  l’esclavage ou ses séquelles dans le milieu soninkara ? Est-ce que les autorités Mauritaniennes ont pris en compte vos revendications ?

Dans la société SONI KARAA  la pratique esclavagiste varie  en fonction  des zones géographiques,  elle est subtile    au premier regard  mais tout aussi révoltant , dans certains villages du  KINGUI MALIEN  , certains esclaves  cultivent encore les samedis pour leur maître pendant l’hivernage  c’est l’agression de MOUNTAKHA DIARISSO qui  nous a éclairé sur ces faits de pratiques esclavagistes . L’esclavage   dans SONI KARAA est  héréditaire ,  et on hérite ses esclaves , on hérite  la mosquée ce que  j’ai qualifié  tantôt d’assignation patronymique .Cette société   on reconnaît   dans la majorité des cas  un esclave par son nom de famille, un noble par son nom de famille ,  la répartition des taches ou des fonctions  est  à la lumière  de cette philosophie de suprématie  patronymique. Il faut noter  que les mariages  du fait  des assignations patronymiques  restent endogamiques , tout mariage  hors cadre  est sujet à des tensions , des agressions sur le couple  ou une des personnes  qui forment le couple  banni ,  les mariages  entre castes différentes  fait de la résistance   même chez ceux qui sont lettrés ou occidentalisés, il arrive hélas que certains couples  de castes différentes cèdent à la pression  familiale ou du village , d’autres une infime minorité  vivent leur vie  mais  toujours sous tension !Quant aux séquelles de l’esclavages   dans la communauté soninké parlons en ! Souvent quand j’entends certains arguments sur les séquelles de l’esclavage  ça sous-entend la forme douce  de la domination ou la forme acceptable. Pour caricaturer les séquelles  d’un accident voiture  ne sont pas  acceptables , les séquelles  d’une mauvaise intervention chirurgicale ne sont pas acceptables  même  si la victime échappe  à  la mort . L’absence de propriété  foncière selon le régime coutumier et féodal  dans  la majorité  des cas pour les komos   est une conséquence  de la pratique esclavagiste. Le fait que dans certains villages dont je tairais  toujours  la femme esclave  fait  la moitié du veuvage prescrit  par  le coran et  la Sunna ,le droit de cuissage bien que rare   mais existe dans la communauté soninke  , nous sommes  obligés  de taire  les noms de villages pour plus de  sérénité dans les débats . L’autre aspect  des séquelles des pratiques esclavagistes  que l’on peut  constater de nos jours c’est l’accès limité à la science religieuse, car dans  son instruction  religieuse  l’esclave appelé grossièrement « SERALANMA » ce mot est dérivé de l’arabe SHA’IR « poète », l’appellation  est parlante.

Selon les anciennes mœurs en la matière, venu pour les sciences il n’a droit que des poèmes clameurs à la gloire du prophète (sas) dit-on mais plutôt charmeurs pour les maîtres  dignitaires maraboutiques. Aujourd’hui   la société soninke est en pleine mutation, le mouvement  Ganbanaaxu fedde  qu’on l’aime ou qu’on le déteste    ça ne changera    rien   à la dynamique et à la nécessité à  des réformes. les réformes  ont commencé par ceux qui sont victimes des vestiges discriminatoires et ségrégationnistes conséquences de l'esclavagisme affreusement pratiqué d'antan .Concernant nos doléances ,  nous avons transmis deux courriers   au président de la république  islamique de Mauritanie  et   des communiqués  via  les réseaux  ont été établis  par notre cellule de communication  pour alerter les autorités .Nous avons eu des échos favorables mais  du côté de l’Etat mauritanien  mais  la main de l’Etat chancelle   quand les affaires de l’apologie de l’esclavage, d’expropriation  sur fond d’esclavage se présentent   ,  l’application de la loi se fait désirer .

L’application rigoureuse de la loi 031-2015  nous permet de garantir la paix sociale ;Les lois de la république l’emportent sur les  bon vouloir  d’un chef coutumier , d’un chef de clan  ,il devrait  être ainsi pas autrement    dans un Etat crédible .Lors du  6 Mars  2018 tenu  à Sélibaby , nous avons tous  entendu , « Le Juge Bâ Aliou, Président de la Cour spéciale de justice chargée des crimes esclavagistes de la Zone Est qui regroupe les deux Hodhs, l’Assaba et le Guidimagha, a largement expliqué le contenu de la Loi 2015-031 criminalisant les pratiques esclavagistes .»
Mais  ce qui laisse perplexe  c’est  de nous avoir annoncé  que sa cour ne compte que trois dossiers depuis 2015  sur l’ensemble du territoire ! Sommes nous sérieux   dans notre combat ou manque d’information ,les ONG ont leur part de responsabilité . 

5 -Est-il vrai que les descendants d’extractions serviles ne peuvent être des imams, chefs de villages, peuvent se présenter difficilement à des postes électifs, ils ne sont pas enterrés dans les mêmes cimetières que leurs anciens maitres?

Dans nos villages  ou toute  entité  qui représente le village   la loi des castes et la féodalité  crachent le souffre pour caricaturer , entendez par là sèment la discorde .En effet dans nos réformes   , les  points mis en avant    c’est  aussi la gestion de l’imamat , suite   à mon entretien ave le conseiller   du président de la république  monsieur Sidney  Sokhona , je lui ai évoqué  notre  projet de société et les réformes que cela  nécessite  , il y va  dans l’intérêt de nos communautés respectives  surtout  à sensibilité manding ou sénégalo-guinéen  où ce système de castes  fait de la résistance .Quant à l’imamat nous ne voulons déposséder personne de sa mosquée,  ou le traîner  hors d’une quelconque mosquée ,  en matière  de  l’imamat nous voulons nous autonomiser  c’est  ce qui fait peur   au fond :construire nous même nos mosquées et y  prier  , nous aurions besoin de personne alors pour nous les gérer,  ni la bénédiction de personne  pas de cooptation patronymiques en ce sens  .

Celui   qui souhaite  venir est la bienvenue en frère de religion  , nous ne ruminons  ni haines , ni rancœurs  au nom  de la fraternité , nous ne cherchons  pas   à venger  nos aïeux usés , abusés  , abattus comme des lapins  pour certains  ,  enterrés  comme des piquets  quand ils étaient petit pour certains , des noms de  famille  changés pour certains ,  certains ont été déshérités . Pour la chefferie du village  , aujourd’hui un chef de village  ne pèse pas    dans la gestion du village  compte tenu de la proximité  de  l’administration , mais c’est un référent  coutumier  qui  demande  une réforme   et d’ailleurs sur ce point Ganbanaaxu fedde a été très longtemps caricaturé et incompris  , peut être cette incompréhension arrange certains donc volontairement  entretenue . Ce que  nous proposons dans notre débat de société  et que  les tenants de l’ordre  féodal  se rassure , poser un débat de société  cela ne veut pas  dire décréter   un ultimatum  pour la fin de la chefferie des villages , cette  chefferie  , nous la voulons autrement  et pour cela nous avons recours  au droit d'aînesse  sans  condition patronymique , de sorte les plus âgés de tout le village soit notre chef coutumier à nous tous .On peut y adhérer ou ne pas  y adhérer  mais c’est un débat de société .Aujourd’hui  seule une seule lignée ou quelques familles  ont droit à la chefferie , on avance des justifications historiques ou généalogiques mais  tous ces arguments  ne sont plus adaptés  vu le nombre de frictions , de tensions .

Pour solidifier les liens  je crois que nous devrions choisir  ensemble notre référent coutumier , les modalités de désignations  de notre chef  coutumier   natif du village  ou descendant des natifs  du villages  sur le critère de l’âge  , en dehors des critères de l’âge d’autres  critères peuvent être proposées mais le statu quo n’a pas d’avenir. Mais c’est  un débat de société qui ne devrait rendre personne nerveuse ni excitée. Quant à l’accès  des personnes descendants d’esclaves aux postes  électifs ,  au début des premières élections municipales  ont entendu des discours qu’on  croyait ne jamais entendre   même de la part de certains dignitaires connu par leur esprit d’ouverture ,  le cas  que l’on cite en exemple est celui de l’ancien maire de Bouanze monsieur DIO ,  que  j’ai rencontré personnellement chez mon cousin   à Sélibaby  il y a quelques années pendant qu’il était encore en fonction . Aujourd’hui  en Mauritanie  le premier parti politique est l’UPR   , parti au pouvoir  observons  les maires et les députés de cette entité politique ; beaucoup  d’entre eux toutes ethnies confondues  sont  issues de la  féodalités( et justifier  cette réalité seulement par le fait colonial  est maigre et aigre à la fois ) , donc  la promotion politique  des descendants  d’esclaves dans les  grands appareils politiques   méritent    un colloque , dans  tous les cas  une attention particulière . Pour la question  des cimetières   je n’ai entendu  qu’un ou deux villages dont  les ressortissants  m’ont  confirmés  cette pratique   honteuse  à peau dure ,soit c’est des  cimetières séparées ou  dans le même cimetière   , les nobles enterrés  à l’Est et les esclaves à l’Ouest  mais je préfère ici encore ne pas citer de village  compte  tenu de la sensibilité de cette question !

6 –Cette discrimination  touche des lieux de cultes et aux  morts, mobilise-t-elle des érudits Soninké dans le Guidimakha ?

En tout  cas  à mon niveau  depuis  mon jeune âge je n’ai jamais eu échos de la remise  en cause de cette réalité   , même pas  dans un sermon ni  dans une  conférence par un quelconque  érudit , cela ne veut pas  dire   qu’il n’y a pas  chez les érudits des gens  que cette réalité offusque  et interpelle .L’islam est une religion de réformes  donc tout  musulman sincère  devrait être progressiste !

7 –Beaucoup de conflits se sont déclarés dans les villages sur fond d’expropriations de terres ou mosquées, d’expulsions à l’exemple de: Diaguily, Coumbandao, Daffort, Bouanze, Oulouboni, Tachott  etc… tous ont le même point commun, le rejet des coutumes ou traditions  esclavagistes, pourquoi la loi n’a-t-elle pas été appliquée dans ces cas? 

Il faut  dire  à chaque fois   que  des litiges  de cette nature  arrivent  sur les bureaux des autorités régionales  l’aspect  esclavagiste  n’est pas mis en avant , donc les plaignants  doivent demander  une copie de leurs procès verbaux ou se faire accompagner  par quelqu’un sachant lire le contenu dudit procès verbal, refuser tout  compromis   et de demander  que la loi s’applique .La peur   ou sentiment qui consiste «  c’est sa terre » alors que  la loi    stipule  que   la terre appartient à celui  qui la met  en valeur .Beaucoup de dossiers liés à l’expropriation  sont  en souffrance au tribunal de Sélibaby ,  les protagonistes   n’arrêtent pas de faire  des aller-retour    , des fois  ils passent toute la journée  dans la cour du tribunal   sans  un seul mot de la part des  autorités judiciaires , à part fixer  un autre rendez-vous !A Tachott Botokholo il y a eu quatorze expropriations , le représentant d’AMEES monsieur SIDIBE  Moro  à Tachott Botokholo  et Mr DIAGUILY TRAORE  représentant de AMEES à Sélibaby , ont  fait un travail remarquable , le préfet  en personne  s’est déplacé   si j’ai bonne mémoire  sur  les  quatorze seuls deux  expropriés se sont   présentés , parmi ces deux protagonistes  l’un  n’a pas pu avoir des témoins  c’est ce qu’exige le procureur de sélibaby,  le second lui  attend d’être convoqué  de nouveau par le  procureur de la république de Sélibaby.

Quant à  l’affaire de la mosquée  de Coumbado ,  la mosquée   est la mosquée de la communauté de Ganbanaaxu , ils veulent  la récupérer    pour y prier les vendredis   , cette décision est prise pour éviter  tout conflit dans le seul lieu de culte dédiée à la première du vendredi , je ne peux   pas donner plus de détails ,  la question est sensible et en cours   nous sommes vigilants quant aux derniers développements .La loi n’est pas appliquée parce que  toute plainte  sur fond d’esclavage indispose les autorités et la féodalité régionale qu’on l’admette ou pas   n’est pas  innocente  dans  le processus  foireux  des  plaintes ,  la logique  appliquée systématiquement  est   la suivante  négociation  , négociation  quand les arrange! Alors nous  avions demandé la négociation  quand nos frères de Ouloumbonni étaient  en prison   ,  de  l’argent a été collecté pour prolonger leur détention   à la prison  civile de Sélibaby  j’en  ai la preuve !

8 –La journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles a été célébrée à Selibaby le 06 mars 2018, avez-vous l’espoir que la loi sera appliquée pour mettre fin aux conflits dans les villages qui risquent de dégénérer un jour?

La prise de conscience des victimes   augmente de jour en jour, nous notre credo à Ganbanaaxu fedde  est que nous n’allons jamais corrompre la justice de notre cher pays.
Oui j’ai espoir  que la loi  s’applique non pour se satisfaire  des démêlés judiciaires d’un quidam, mais au nom de la paix sociale les lois  de la république doivent  être appliquées  à tous, que les lois de la république l’emportent sur les coutumes féodales

9 – Une question politique, comment expliquez-vous que les partis politiques de la majorité au pouvoir comme de l’opposition, refusent souvent de parrainer  des candidatures de personnes d’extractions serviles lors d’élections ?

C’est  une question  de myopie politique et d’égoïsme, mais  à dire vrai  la politique est rude   c’est un combat de GLADIATEUR  ,  mais la politique c’est aussi  la gestion de la cité , comment ne pas se rendre compte  si on a une once de sincérité  qu’à l’assemblée  il y a un problème , qu’une couche  sociale  est absente , j’ai répondu en partie   à cette question en peu plus haut .La couche  d’extraction servile   est bonne  à être de la clientèle politique , du cheptel votant comme mentionné plus haut .C’est à la couche d’extraction  servile de s’organiser , sinon  attendre de la manne et de la caille d’un politicien  est une envie de suicide  politique et si vous échappez au suicide politique  vous plongerez dans un coma politique profond,    comme l’image du pot de gloria( une fois usé , il est bon à jeter)  évoqué à plusieurs  reprises  dans une de ses dernières émissions  par Mamadou WAGUI Korera , la couche  d’extraction servile  doit s’organiser  sans esprit de revanche mais de réformateurs.  L'un de nos objectifs prioritaires dans ce domaine, est d'éveiller et de promouvoir une conscience politique libre et citoyenne parmi nos membres.

10 – Avez-vous un message à transmettre au pouvoir, aux partis de l’opposition, les ONG et à la société civile Mauritanienne ?

Ganbanaaxu fedde a beaucoup de réformes  à mener pour le bien de SONI KARAA, nous n’avons de compte à régler avec personne , nous ne sommes pas  obsédés  par les filles de telles ou telles patronymes , nous  voulons   une société  de progrès, de fraternité ,la vraie fraternité !

Nous comprenons l’animosité des uns et des autres envers nous Ganbanaaxu fedde , nous disons  chaque  société à sa phase  de transition inéluctable , que les esprits  progressistes  conjuguent  leurs efforts  pour réformer notre SONI KARAA,  les anciennes us et coutumes  n’ont pas  la même teneur , les codes de valorisations sociaux  devraient être transférés   sur les mérites   au nom  de l’utilité  commune !

Ce que je peux  adresser  aux autorités mauritaniennes, en un  minimum de temps   beaucoup  de choses pourraient être  faites si l’arsenal juridique criminalisant  les pratiques de l’esclavage et séquelles est appliqué   sans reste. Et l’agence TADAMOUN devrait se pencher sur d’autres communautés pour la réalisation de certaines infrastructures  dans divers domaines ,bien qu’il y’a des zones prioritaires !

Aux partis politiques   , tous les enjeux  devraient être pris en compte dans les colloques et les débats , l’obsession de nos partis d’opposition    c’est le pouvoir  c’est pourquoi beaucoup de jeunes ne croient plus   en  leur   discours ,  il  y a trop  de querelles internes    stériles    bloquant ainsi  toute alliance  efficace . Le problème est que cette opposition  n’a pas la même priorité. L’opposition mauritanienne  a été minée par des opportunistes  et l’impatience de certains les a rallié  en catimini au pouvoir sans pouvoir l’assumer .Etre  avec  le pouvoir n’est pas en soi un défaut , à vouloir  être trop opportuniste  on devient moins crédible !L’opposition  devrait enterrer  à jamais la stratégie du boycott   on a vu  que cette stratégie a ramené avec elle certains  de nos  députés qui font honneur à notre hémicycle , et en a ramené d’autres ,  et j’ai rien dit !

La société  civile constitue   un immense espoir pour des milliers de mauritaniens, je souhaite  une société  civile   autonome  dans ses mouvements  qui n’est  tenue  par aucune fibre sensible. Restons constant dans nos principes, le combat pour la liberté et la dignité humaine demande  des sacrifices, de  la patience  et de la lucidité face  aux épreuves !
Mes salutations sincères et mes encouragements   à votre site  Guidumakha.com

L’équipe du site Guidumakha.com vous remercie d’avance d’avoir accepté de répondre à leurs questions.